Франція. Les Hymnes

 

Pierre de Ronsard

Les Hymnes

 

LES

HYMNES

DE P. DE RONSARD VANDOMOIS.

A TRESILLVSTRE ET REVE- RENDISSIME, ODET, CARDINAL de Chastillon.

A PARIS,

Chez André Wechel rue S. Ichan de Beauvais à l'enseigne du Cheval volant.

1555.

Auec Priuilege du Roy.

A TRESILLUSTRE ET REVERENDISSIME ODET CARDINAL DE CHASTILLON

Mon Odet, mon prelat, mon seigneur, mon confort,

Mon renom, mon honneur, ma gloire, mon support,

Ma Muse, mon Phebus, qui fais ma plume escrire,

Qui animes ma langue, et reveilles ma Lyre

Et qui moins envers moy ne te montres humain, (5)

Que feist envers Maro ce Mecenas Romain,

Pren, s’il te plaist, icy deux presens tout contraires,

L’un que j’ofre pour toy, et l’autre pour tes freres,

C’est mon Livre et ma vie, et tout ce que jamais Ma plume, en ta faveur, escrira desormais, (10)

Laquelle ne sçauroit (bien qu’elle sçeut parfaire Mille œuvres en ton nom) à l’honneur satisfaire Que je reçois de toy, sans l’avoir merité :

Et serois bien ingrat si la Posterité Ne congnoissoit d’ODET le nom tresvenerable, (15) Et combien un Ronsard luy estoit redevable,

Publieur de son lôs qui jamais ne mourra :

Or’ ma plume escrira tout ce qu’elle pourra (Que la trouppe des Sœurs n’a jamais abusée)

Puis, quand je la voiray de te loьer usée, (20)

J’iray trouver ton frere ou François ou Gaspar,

Au front d’une bataille, ou dessus un rampar :

Et là changeant ma plume en quelque grande pique,

Hardy, je me ruray dans la presse bellique Pour mourir vaillamment à leurs piedz estendu (25), Ayant d’un coutelas le corps outre-fendu :

Et si n’auray regret que ma vie s’en aille

Pour eux, soit que je meure au fort d’une bataille,

Soit gardant une ville, au haut des bastillons :

A fin que vif et mort je sois aux CHASTILLONS.

HYMNE DU TRESCHRESTIEN ROY DE FRANCE HENRY II. DE CE NOM.

VERS HEROÏQUES

Muses, quand nous voudrons les louënges chanter Des Dieux, il nous faudra au nom de Jupiter Commencer et finir, comme au Dieu qui la bande Des autres Dieux gouverne, et maistre leur commande Mais quand il nous plaira chanter l’honneur des Roys, (5) Il faudra par HENRY, le grand Roy des François, Commencer et finir, comme au Roy qui surpasse

En grandeur tous les Roys de cette terre basse.

Les anciens Herôs du sang des Dieux venus,

Sont encore aujourd’huy, maugré les ans, congnus, (10) Pour avoir fait chanter aux Poëtes leurs gestes Qui les ont de mortels mis au rang des celestes :

Et j’en veux faire ainsi ! car moy qui sçay tresbien Comme on chante les Roys, je veux chanter du mien L’honneur et les vertus, et ses faits admirables (15)

Rendre de pere en filz à-jamais memorables :

Est-ce pas un beau don? que luy donroy-je mieux »L’honneur est le seul prix que demandent les Dieux :

Et Jupiter, apres la sanglante victoire

Des Geans, ne voulut recevoir autre gloire (20)

Sinon d’oьir sonner à son fils Apollon

Comme son trait armé d’un flambant tourbillon

D’esclatz, de bruit, de peur, de soufre, et de tonnerre,

Avoit écarbouillé leur cerveau contre terre Tombés à bas du Ciel, et comme leurs grands corps, (25) Avecque leurs cent bras, estoient renversés mortz Sous les monts qu’ilz portoient, et comme pour trophée De sa victoire, Жthna flamboya sur Typhée.

Là donc, divines Sœurs, à cette heure aydés moy A chanter dignement vostre Frere, mon Roy, (30)

Qui naguiere banit avecques sa promesse Loing de vous et de moy la Crainte et la Paresse,

Lors qu’il nous fist lever d’un seul clin de ses yeux (Quand moins nous y pensions) le front jusques aux cieux.

Le bucheron qui tient en ses mains la cougnée, (35) Entré dedans un bois pour faire sa journée,

Ne sçait où commencer : icy le tronc d’un Pin Se presente à sa main, là celluy d’un Sapin,

Icy du coing de l’œil merque le pié d’un Chesne,

Là celluy d’un Fouteau, icy celluy d’un Frene : (40)

A la fin tout pensif, de toutes pars cherchant

Lequel il coupera, tourne le fer tranchant Sur le pié d’un Ormeau, et par terre le rue,

Afin d’en charpenter quelque belle charue :

Ainsi tenant es mains mon Luc bien apresté, (45)

Entré dans ton Palais devant ta Majesté,

Tout pensif, je ne sçay quelle vertu premiere De mille que tu as sera mise en lumiere :

Car les biens que Nature a partis à chacun,

Liberale à toy seule, te les donne en commun : (50)

Qui ne soit vray, l’on voit qu’une plaisante forme Par vicieuses meurs bien souvent se difforme,

Celluy qui est en guerre aux armes estimé En temps de paix sera pour ses vices blasmé,

L’un est bon pour regir les affaires publiques (55)

Qui gaste en sa maison les choses domestiques,

L’un est recommandé pour estre bien sçavant Qui sera mesprisé pour estre mal vivant :

Mais certes tous les biens, que de grace Dieu donne A tous diversement, sont tous en ta personne : (60)

C’est pour cela qu’icy ta Justice, et ta Foy,

Ta Bonté, ta Pitié, d’un coup, s’offrent à moy,

Ta vaillance au combat, au conseil ta Prudence :

Ainsi je reste pauvre, et le trop d’abondance De mon riche sujet m’engarde de penser (65)

A laquelle de tant il me faut commencer.

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