Франція. La Soupe Au Caillou

 

 

La Soupe AuCaillou

La place d’un village

Au lever de rideau, la place est vide. On entend bientôt des sifflotements. Puis le vagabond arrive de la droite (côté cour). Il transporte un baluchon, et a l’air joyeux.

Le chanteur - Ouf ! Quelle chaleur ! Il fait au moins quarante à l’ombre ! Quelle soif ! Et quelle faim ! À vrai dire, je n’ai rien mangé depuis deux jours... Que voulez-vous, c’est ce qui arrive quand on est chanteur ambulant. et qu’on ne rencontre pas souvent des âmes sensibles et mélomanes !

Il jette un regard circulaire aux maisons qui entourent la place.

Le chanteur - Ce village m’a l’air bien mort. C’est peut-être l’heure de la sieste. (il regarde sur la gauche)Ah ! Voilà, une fontaine ! Je vais pouvoir m’abreuver !

Il va boire à la fontaine.

Le chanteur (s’essuyant la bouche du revers de sa manche)- Ça fait du bien ! Mais, avec tout ça, j’ai quand même le ventre vide. Je mangerais bien un morceau, moi. Je me ferais bien inviter à la table d’un riche bourgeois, d’un gras laboureur, ou d’une humble servante !

Il fait quelques pas au centre de la place, et appelle d’une voix forte.

Le chanteur - Oh là ! Il y a quelqu’un ? (il guette les réactions et les bruits provenant des maisons, puis fait une mine dépitée)Ou ce village est abandonné, ou les gens se terrent en attendant la fraîcheur du soir. Tant pis ! J’ai trop faim. Je vais aller frapper aux portes.

Il va à la première maison, à gauche (côté jardin), et frappe à la porte.

Le chanteur (appelant)- Il y a quelqu’un ? Oh là ! Il y a quelqu’un ? Je suis sûr qu’il y a quelqu’un. Je vais insister !

Il frappe longuement et plus vigoureusement à la porte.

Apparaît alors un premier personnage. Il s’agît d’un homme au visage ensommeillé, en tenue débraillée et aux cheveux en bataille.

L’homme ensommeillé - Qu’est-ce que c’est ? C’est vous qui faites ce raffut ? Vous ne savez pas que c’est l’heure de la sieste !

Le chanteur - Euh, oui. Excusez-moi, Monsieur. Je suis un pauvre chanteur ambulant, épuisé et affamé. Vous n’auriez pas quelque chose à me donner à manger ?

L’homme ensommeillé - Vous donner à manger ? Mais ce n’est pas possible. Je n’ai rien. Seulement du sel et du poivre. Et quelques herbes, aussi. Je ne vais quand même pas vous donner à manger du sel, du poivre et des herbes !

Le chanteur - Non... Bien sûr.

L’homme ensommeillé - Allez voir ailleurs. Chez les voisins. Moi, je retourne à la sieste !

L’homme rentre chez lui en baillant.

Le chanteur - Merci quand même. (avec une grimace)Du sel, du poivre et des herbes ! Il se moque de moi, le bonhomme ! Voyons voir le voisin.

Il va à la deuxième maison et frappe à la porte.

Le chanteur - Il y a quelqu’un ? Oh là ! Il y a quelqu’un ? Je suis sûr qu’il y a quelqu’un. Je vais insister !

Il frappe longuement et plus vigoureusement à la porte.

Apparaît alors un second personnage. Il s’agit d’une jeune maman, qui berce un

bébé dans ses bras.

La jeune maman - Que se passe-t-il ? C’est vous qui faites ce tapage ? Vous ne voyez pas que j’ai un bébé et que j’essaie de l’endormir ! Une demi-heure, que je lui chante des berceuses !

Le chanteur - Euh, oui. Excusez-moi, Madame. Je suis un pauvre chanteur ambulant, épuisé et affamé. Vous n’auriez pas quelque chose à me donner à manger ?

La jeune maman - Vous donner à manger ? Mais c’est que je n’ai rien ! Seulement quelques gousses d’ail. C’est tout. Je ne vais pas vous donner à manger des gousses d’ail, quand même !

Le chanteur - Non. Bien sûr.

La jeune maman - Allez voir les voisins. Moi, il faut que je m’occupe de mon bébé ! (elle se penche sur son bébé)Ne pleure pas, mon bébé. Maman va te chanter une berceuse.

Elle rentre chez elle en fredonnant une berceuse.

Le chanteur - Merci quand même. (avec une grimace)Des gousses d’ail ! Elle n’est

pas généreuse, la maman ! Voyons voir le voisin.

Il va à la troisième maison et frappe à la porte.

Le chanteur - Il y a quelqu’un ? Oh là ! Il y a quelqu’un ? Je suis sûr qu’il y a quelqu’un. Je vais insister !

Il frappe longuement et plus vigoureusement à la porte.

Apparaît alors un troisième personnage. Il s’agit d’une vieille femme voûtée, qui marche en s’appuyant sur une canne, et qui a la voix chevrotante.

La vieille dame - Qu’est-ce qu’il y a ? C’est vous qui faîtes trembler ma porte ? Vous savez qu’il ne faut pas déranger les gens, comme ça ? Surtout les personnes de mon âge ! Elles ont besoin de repos et de tranquillité !

Le chanteur - Euh, oui. Excusez-moi, Madame. Je suis un pauvre chanteur ambulant, épuisé et affamé. Vous n’auriez pas quelque chose à me donner à manger ?

La vieille dame (portant la main à une oreille, montrant qu’elle n’a pas entendu) - Qu’est-ce que vous dites, jeune homme ?

Le chanteur (parlant plus fort)- Je disais que je suis un pauvre chanteur ambulant, épuisé et affamé ! Vous n’auriez pas quelque chose à manger ?

La vieille dame (même jeu)- Quoi ?

Le chanteur (parlant encore plus fort)- Je suis affamé ! Vous voulez bien me donner à manger ?

La vieille dame (même jeu)- Hein ?

Le chanteur (parlant encore plus fort, faisant le geste de porte de la nourriture à sa bouche)- À manger ! Vous n’avez rien à manger ?

La vieille dame (qui cette fois a compris)- À manger ? Mais non ! Je n’ai rien ! J’ai juste quelques navets. C’est tout. Je ne vais pas quand même pas vous donner à manger des navets ! Surtout qu’ils sont crus.

Le chanteur - Non. Bien sûr.

La vieille dame - Allez voir les voisins. Peut-être que vous aurez plus de chance avec eux. Au revoir, jeune homme !

Elle rentre chez elle en boitillant.

Le chanteur - Merci quand même. (avec une grimace)Des navets ! Elle aussi, elle se moque de moi, la vieille dame ! Voyons voir le voisin.

Il va à la quatrième maison, à gauche (côté jardin), et frappe à la porte.

Le chanteur - Il y a quelqu’un ? Oh là ! Il y a quelqu’un ? Je suis sûr qu’il y a quelqu’un. Je vais insister !

Il frappe longuement et plus vigoureusement à la porte.

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